Marseille : Claude Guéant annonce un plan video surveillance pour retrouver la sécurité

marseille-gueantUn plan «1000 caméras» de surveillance pour Marseille, comme à Paris, mais pour 2015. Avec déjà une première tranche de 340 caméras à l’horizon 2012. Et puis des effectifs supplémentaires, un plan d’action, des moyens. Après un long entretien à huis clos et un bain de foule, parfois au son des youyous, de la gare Saint-Charles au boulevard Dugommier, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, et le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, affichaient jeudi leur volonté de sortir par le haut de la mauvaise passe sécuritaire que traverse la Cité phocéenne. voir vidéo

Car la deuxième ville de France va mal. Lundi dernier, un homme y est mort, poignardé en pleine rue par un automobiliste. Quelques heures plus tard, un cambrioleur de 15 ans était tué par balle par un maçon au chômage. «On ne peut se faire justice soi-même», a rappelé le premier flic de France, venu répondre, selon lui, à une lente «dégradation» du climat. Avec déjà une mission prioritaire pour le nouveau préfet de police local, Gilles Leclair, «grand flic» issu de la PJ: «remobiliser» les forces de l’ordre et déployer de «nouveaux modes d’organisation et d’action» calqués en partie sur ce que le préfet Lambert met en œuvre en Seine-Saint-Denis.

Il faut dire que le truculent Jean-Claude Gaudin, poids lourd de la majorité, n’y est pas allé de main morte en critiquant le dégraissage des effectifs de la police marseillaise. Même les deux unités de forces mobiles promises en renfort permanent par Brice Hortefeux après la mort, en novembre, d’un adolescent de 16 ans, tué à la kalachnikov dans sa cité, se seraient, dit-il, éclipsées. voir vidéo

Mais, au dire des policiers, le maire de Marseille élude habilement le fait que sa ville n’a guère promu la vidéosurveillance, ces dernières années, avec seulement 19 caméras de voie publique implantées à ce jour, sa police municipale ne comptant que 240 agents (moitié moins qu’à Nice) - mais guère plus de 60 dans la rue, selon FO – qui font relâche la nuit et les week-ends…

Claude Guéant ne s’aventurera pas sur ce terrain. Il annonce, outre une aide financière pour le plan caméras chiffré à 9 millions d’euros sur cinq ans, dont la moitié serait financée par l’État, des renforts en chair et en os: 39 limiers de la PJ en plus et «100 agents en tenue supplémentaires dès cet été», promet-il, dans le cadre d’une «police d’agglomération» qui, comme à Paris, permettra des échanges plus rapides de patrouilles entre les secteurs de la ville. Marseille devient d’ailleurs site pilote pour «les patrouilleurs» de Guéant. Les CRS vont aussi s’installer de façon plus pérenne, avec des gendarmes mobiles. Sans oublier des réservistes de la police nationale et des adjoints de sécurité pour colmater les brèches. «Les effectifs, plus il y en a, mieux ça vaut!», s’est exclamé jeudi Jean-Claude Gaudin. Sa ville, il est vrai, a perdu 400 policiers en tenue depuis 2005. Alors que le bilan sécuritaire s’est obscurci.

Les quatre premiers mois de l’année se sont ainsi soldés par 6800 actes de violence, dont la moitié commis pour voler. Les agressions de rue sont à 50% le fait de mineurs. Quant aux vols à main armée, ceux des criminels plus endurcis, on en déplore dans le même temps à Marseille 195 contre 115 durant les quatre premiers mois de 2010.

La ville doit faire avec ses particularismes: 56 patrouilles mobilisables à l’instant T pour couvrir un territoire 2,5 fois plus grand que Paris. Et un taux de congé-maladie chez ses fonctionnaires de police de 2 points supérieur à la moyenne nationale. Autour de la Canebière, tout n’est pas qu’une question d’effectifs…

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